Lorsqu’une randonnée devient longue ou très vallonnée, la difficulté ne vient pas uniquement de la distance.
Il faut également gérer le dénivelé, le poids du sac, les changements de terrain et l’accumulation progressive de fatigue.
Une nouvelle catégorie d’équipements cherche à agir précisément sur cette problématique : l’exosquelette de randonnée.
Ces systèmes se portent autour du corps et peuvent accompagner les mouvements des jambes ou redistribuer certains efforts.
Mais tous les produits qualifiés d’« exosquelettes » ne sont pas adaptés à un sentier.
Un modèle conçu pour travailler bras levés dans une usine ou accompagner une rééducation clinique répond à des contraintes très différentes d’un dispositif porté pendant plusieurs heures en montagne.
Comment un exosquelette peut-il assister la randonnée ?
Lors d’une montée, les muscles des jambes doivent soulever le corps à chaque pas.
Plus la pente augmente, plus le travail mécanique devient important.
Un exosquelette actif peut détecter ce mouvement et ajouter un couple au niveau de la hanche afin d’accompagner l’avancée de la jambe.
En descente, la situation change.
Les muscles doivent surtout contrôler le mouvement et absorber une partie de l’énergie à chaque pas.
Un système adapté au outdoor doit donc être capable de distinguer différents scénarios plutôt que d’appliquer la même assistance en permanence.
Quels critères sont essentiels pour un exosquelette de randonnée ?
Le poids
En randonnée, tout kilogramme supplémentaire compte.
Un système très puissant mais lourd peut créer une nouvelle source de fatigue.
Un modèle outdoor doit donc rechercher un compromis entre assistance et légèreté.
L’autonomie
Une batterie suffisante pour une heure de marche n’est pas forcément adaptée à une randonnée de six heures.
La possibilité de remplacer rapidement la batterie est particulièrement intéressante pour les longues sorties.
La résistance aux conditions extérieures
Poussière, humidité légère, variations de température et transpiration font partie d’un usage outdoor normal.
Le produit doit être conçu en conséquence.
La liberté de mouvement
Un sentier comporte :
- pierres,
- racines,
- marches,
- dévers,
- changements rapides de direction.
L’exosquelette doit accompagner ces mouvements sans empêcher l’utilisateur de réagir naturellement.
5 marques et technologies : lesquelles sont réellement adaptées à la randonnée ?
1. NAVEE EXO S Pro – le plus directement orienté vers la randonnée
Parmi les marques comparées ici, le NAVEE EXO S Pro est clairement le produit dont le positionnement correspond le mieux au mot-clé « exosquelette randonnée ».
NAVEE cite explicitement la randonnée et les aventures outdoor parmi les usages du produit. (naveetech.fr)
L’appareil pèse environ 1,8 kg et utilise une structure légère avec assistance motorisée.
Le fabricant annonce :
- jusqu’à 960 W de puissance de pointe,
- batterie de 5 000 mAh,
- jusqu’à environ 40 000 pas assistés,
- batterie amovible,
- protection IP54 contre les éclaboussures et la pluie légère. (naveetech.fr)
Le système est également conçu pour adapter automatiquement son assistance à différents mouvements.

Adaptation randonnée : élevée.
Pour qui ? Randonneurs et marcheurs autonomes souhaitant une assistance motorisée non médicale.
2. Wandercraft – technologie de marche avancée, mais pas équipement de randonnée
Wandercraft est l’une des références françaises les plus impressionnantes en matière de robotique de marche.
Atalante X est un exosquelette auto-équilibré principalement destiné aux environnements de rééducation.
Wandercraft développe également Eve, destiné à étendre sa technologie vers un usage personnel à domicile.
Cette expertise est pertinente pour comprendre l’évolution des exosquelettes, mais un appareil clinique ou médical ne doit pas être assimilé à un équipement destiné aux sentiers.
Les priorités sont différentes : contrôle médical, équilibre et rééducation d’un côté ; poids, autonomie et résistance outdoor de l’autre.
Adaptation randonnée : faible pour les produits actuels concernés.
3. Ergosanté / HAPO – exosquelettes passifs conçus pour le travail
Les systèmes HAPO sont principalement conçus pour réduire les contraintes lors de tâches professionnelles.
Ils peuvent soutenir certaines zones du corps sans utiliser de batterie.
Ce principe passif présente théoriquement un avantage intéressant pour le outdoor : aucune autonomie électrique à gérer.
Mais l’assistance est conçue pour des gestes professionnels spécifiques, pas nécessairement pour des milliers de cycles de marche sur un sentier.
Adaptation randonnée : limitée.
4. Japet – technologie lombaire, pas propulsion de la marche
Japet se concentre davantage sur le soutien lombaire.
HMT présente par exemple Japet.W+ comme un système destiné aux lombaires, avec assistance active et autonomie de plusieurs heures. (hmt-france.com)
Le concept peut être très pertinent dans un environnement professionnel, mais soutenir les lombaires n’est pas équivalent à assister le mouvement des jambes lors d’une montée.
Pour la randonnée, l’emplacement et la direction de l’assistance sont déterminants.
Adaptation randonnée : faible pour l’usage principal.
5. HMT – une démonstration de l’importance de la spécialisation
HMT France propose des exosquelettes professionnels spécialisés selon la zone à soulager.
Sa gamme comprend notamment des systèmes pour les épaules, la nuque, le dos ou les lombaires. L’entreprise indique clairement que chaque dispositif est conçu en fonction d’un métier et d’un geste précis. (hmt-france.com)
C’est une leçon particulièrement importante pour les randonneurs.
Un exosquelette léger et confortable n’est pas automatiquement adapté à la marche simplement parce qu’il peut être porté plusieurs heures.
Adaptation randonnée : faible pour la gamme professionnelle actuelle.
Pourquoi le NAVEE EXO S Pro se distingue-t-il pour cet usage ?
La différence vient surtout du scénario de conception.
NAVEE ne présente pas l’EXO S Pro comme un dispositif exclusivement industriel.
Le fabricant cite les longues marches et la randonnée parmi ses scénarios d’utilisation et met l’accent sur une assistance adaptative. (naveetech.fr)
Cette orientation change les priorités de conception :
- faible poids,
- mouvements répétés des jambes,
- utilisation prolongée,
- terrain variable,
- batterie portable,
- résistance aux conditions extérieures.
Cela rapproche davantage le produit d’un équipement outdoor que d’un exosquelette traditionnel d’usine.
L’assistance est-elle vraiment utile en montée ?
C’est probablement l’un des scénarios où elle peut être la plus perceptible.
En montée, chaque pas nécessite davantage de travail contre la gravité.
Une assistance au niveau de la hanche peut théoriquement réduire une partie de cet effort.
NAVEE indique que son système peut réduire l’effort physique jusqu’à 35 % dans ses propres conditions de test. (naveetech.com)
Ce chiffre ne doit cependant pas être interprété comme une garantie individuelle.
Le résultat réel dépend notamment :
- du poids du marcheur,
- de la pente,
- de la vitesse,
- du niveau d’assistance,
- de la condition physique.
Et dans les descentes ?
La descente peut être tout aussi fatigante que la montée.
Les quadriceps travaillent de manière importante pour ralentir le corps à chaque pas.
Un système outdoor efficace doit donc adapter son comportement.
Une assistance qui pousserait simplement la jambe vers l’avant dans toutes les situations ne serait pas idéale.
La capacité à reconnaître différentes phases de marche devient alors un critère important.
Combien de temps doit durer la batterie ?
Cela dépend de la randonnée.
Un bon point de départ consiste à regarder non seulement une durée théorique, mais également :
- nombre de pas assistés,
- distance,
- possibilité de remplacer la batterie,
- poids d’une batterie supplémentaire.
L’EXO S Pro annonce jusqu’à environ 40 000 pas assistés avec sa batterie de 5 000 mAh, qui est amovible. (naveetech.fr)
Pour des sorties plus longues, une batterie échangeable offre davantage de flexibilité qu’une batterie fixe.
Peut-on porter un sac à dos avec un exosquelette ?
C’est un point essentiel à vérifier.
Les sangles d’un exosquelette et la ceinture ventrale d’un sac de randonnée peuvent vouloir occuper exactement la même zone autour des hanches.
Le risque est alors :
- points de pression,
- mauvais ajustement,
- frottements,
- gêne dans les mouvements.
Un essai avec le véritable sac utilisé en randonnée est donc préférable à un simple test sans équipement.
Peut-on utiliser un exosquelette sous la pluie ?
Il faut consulter l’indice de protection du modèle.
Le NAVEE EXO S Pro est annoncé IP54, ce qui le rend adapté aux éclaboussures et à une pluie légère dans le cadre prévu par le fabricant. (naveetech.fr)
Cela ne signifie pas pour autant qu’il puisse être immergé ou utilisé sans précaution sous toutes les conditions météorologiques.
Pour une randonnée en montagne, la protection de l’électronique doit toujours être anticipée.
Un exosquelette remplace-t-il les bâtons de randonnée ?
Pas nécessairement.
Les deux solutions interviennent différemment.
Les bâtons créent des points d’appui supplémentaires et font participer le haut du corps.
L’exosquelette agit directement sur certains mouvements du corps.
Ils peuvent donc être complémentaires dans certains usages.
Un exosquelette ne remplace pas non plus :
- de bonnes chaussures,
- une préparation physique adaptée,
- l’hydratation,
- la gestion de l’allure,
- une planification réaliste de l’itinéraire.
Est-ce adapté aux personnes âgées qui souhaitent randonner ?
Potentiellement pour certains utilisateurs autonomes, mais il faut distinguer fatigue normale et problème médical.
NAVEE cite notamment les personnes recherchant un soutien supplémentaire pour la mobilité quotidienne, tout en précisant explicitement que l’EXO S Pro n’est pas un dispositif médical.
Une personne présentant des troubles de l’équilibre, une maladie neurologique, des douleurs articulaires importantes ou un risque de chute devrait demander un avis professionnel avant d’utiliser ce type de technologie.
Quel prix faut-il prévoir ?
Le marché reste jeune.
Les prix varient énormément selon qu’il s’agit :
- d’un produit consumer,
- d’un équipement industriel,
- d’un système de rééducation robotique.
Le NAVEE EXO S Pro est actuellement affiché à environ 1 099 € sur les boutiques européennes de la marque. (eu.naveetech.com)
Les systèmes médicaux ou industriels sophistiqués appartiennent à des catégories de prix et de distribution très différentes, souvent avec démonstration, accompagnement professionnel ou déploiement en entreprise.
Les comparer uniquement sur le prix n’aurait donc pas beaucoup de sens.
Conclusion : choisir un véritable exosquelette de marche, pas simplement un exosquelette léger
Pour la randonnée, le point le plus important est la fonction biomécanique du produit.
Wandercraft développe une technologie de marche extrêmement avancée, mais principalement orientée vers la rééducation et la mobilité spécialisée. Ergosanté/HAPO, Japet et HMT se concentrent davantage sur l’ergonomie professionnelle et le soutien de zones précises du corps.
Le NAVEE EXO S Pro se distingue dans cette sélection parce qu’il a été spécifiquement positionné pour la marche prolongée, la randonnée et les activités outdoor. (naveetech.fr)
Avant d’acheter, il faut néanmoins regarder au-delà de la puissance annoncée.
Pour une randonnée réelle, poids, autonomie, liberté de mouvement, batterie amovible, résistance à la pluie et compatibilité avec le sac à dos sont probablement les critères qui feront la plus grande différence après plusieurs heures sur le sentier.

